11 heures consécutives : c’est la durée minimale de repos quotidien que tout employeur doit respecter entre la fin d’un poste et le début du suivant, conformément à l’article L3131-1 du Code du travail. Cette règle s’applique à la quasi-totalité des salariés, avec des exceptions encadrées par la loi. Certains secteurs bénéficient de dérogations conventionnelles, et des cas particuliers existent pour les cadres ou les travailleurs à temps partiel. Voici ce que la réglementation prévoit concrètement, comment calculer votre heure de reprise et ce que vous pouvez faire si votre employeur ne respecte pas cette obligation.
| Situation | Durée de repos applicable |
|---|---|
| Règle générale (tous salariés) | 11 heures consécutives |
| Dérogation conventionnelle possible | 9 heures minimum |
| Activités de garde, surveillance, permanence | 9 heures minimum |
| Travaux urgents (sécurité, accidents) | Pas de seuil fixe, mais limité |
| Cadres en forfait jours | Régime spécifique selon accord |
Qu’est-ce que le repos quotidien et que dit la loi ?
Le repos quotidien désigne la période ininterrompue de récupération entre la fin d’une journée de travail et le début de la suivante. L’article L3131-1 du Code du travail fixe ce minimum à 11 heures consécutives. Cette règle s’applique dès le premier jour d’embauche, quel que soit le contrat — CDI, CDD ou intérim.
L’employeur n’a pas la liberté d’y déroger unilatéralement. Une dérogation ne s’applique que dans des cadres précis : accord de branche, accord d’entreprise, ou situations exceptionnelles listées par décret.
Combien d’heures de repos minimum entre deux journées de travail ?

La durée plancher est de 11 heures. Si votre poste se termine à 22h, vous ne pouvez légalement reprendre le travail avant 9h le lendemain. Si la fin de poste intervient à 23h, la reprise ne peut avoir lieu avant 10h.
Dans le cadre d’une dérogation conventionnelle prévue par un accord collectif, ce seuil descend à 9 heures, mais pas en dessous. Toute réduction supplémentaire est illégale, sauf en cas de travaux urgents nécessaires à la sécurité des personnes ou des installations.
Quels secteurs peuvent déroger à cette règle ?
Certains secteurs sont explicitement autorisés à appliquer un repos réduit à 9 heures via leur convention collective. En voici les principaux :
Les secteurs concernés par ces dérogations incluent notamment l’hôtellerie-restauration, les activités de soins à la personne, la boulangerie-pâtisserie artisanale, la presse quotidienne et l’agriculture.
| Secteur | Type de dérogation |
|---|---|
| Hôtellerie-restauration | Conventionnelle (branche) |
| Aide à domicile / soins | Conventionnelle (branche) |
| Boulangerie artisanale | Conventionnelle (branche) |
| Surveillance et gardiennage | Réglementaire |
| Agriculture | Réglementaire et conventionnelle |
Ces aménagements d’horaires ne dispensent pas l’employeur d’accorder une compensation équivalente en repos, sauf disposition contraire de l’accord.
Le repos quotidien s’applique-t-il aux cadres et aux temps partiels ?
Les salariés à temps partiel sont soumis aux mêmes règles que les autres : 11 heures de repos minimum entre deux prises de poste, sans exception liée à la durée hebdomadaire de travail.
Pour les cadres en forfait annuel en jours, le régime est différent. Leur temps de travail n’est pas décompté en heures, mais en journées ou demi-journées. L’article L3121-62 du Code du travail précise qu’ils ne sont pas soumis aux dispositions sur la durée quotidienne de travail. En revanche, leur accord de forfait doit prévoir des garanties de repos suffisantes. Le non-respect de ces garanties expose l’accord lui-même à la nullité.
Que se passe-t-il si l’employeur ne respecte pas le temps de repos ?
Un manquement à l’obligation de repos quotidien constitue une infraction au Code du travail. L’employeur s’expose à une amende pouvant atteindre 1 500 € par salarié concerné, et jusqu’à 3 000 € en cas de récidive.
Sur le plan civil, le salarié lésé peut saisir le Conseil de prud’hommes pour obtenir des dommages et intérêts. La jurisprudence reconnaît que la privation de repos suffit à caractériser un préjudice, sans avoir à en démontrer les conséquences concrètes.
Par ailleurs, l’inspection du travail peut intervenir à tout moment pour constater le non-respect des durées minimales de repos et dresser un procès-verbal.
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Comment calculer concrètement son heure de reprise ?
Le calcul est simple : ajoutez 11 heures (ou 9 heures en cas de dérogation valide) à l’heure de fin de votre dernier poste. Voici quelques exemples :
| Fin de poste | Reprise minimale (11h) | Reprise minimale (9h dérogatoire) |
|---|---|---|
| 20h00 | 07h00 | 05h00 |
| 22h00 | 09h00 | 07h00 |
| 23h30 | 10h30 | 08h30 |
| 00h00 | 11h00 | 09h00 |
Si votre planning prévoit une reprise plus tôt que ces horaires, sans accord collectif applicable, votre employeur enfreint la réglementation sur le temps de récupération entre deux jours.
Peut-on renoncer à son repos quotidien ?

Non. Le repos quotidien minimum est d’ordre public. Un salarié ne peut pas y renoncer, même volontairement, et même si son employeur lui propose une contrepartie financière. Toute clause contractuelle ou accord individuel allant dans ce sens est nul de plein droit.
Seules les dérogations prévues par la loi ou une convention collective permettent de réduire cette durée, dans les limites décrites plus haut. La liberté contractuelle ne s’applique pas ici.
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Où trouver la réglementation officielle sur le repos quotidien ?
Les textes de référence sont accessibles directement sur Légifrance. Les articles clés sont l’article L3131-1, l’article L3131-2 (dérogations) et l’article R3131-1 (dispositions réglementaires).
Le site travail-emploi.gouv.fr publie également des fiches pratiques sur la durée du travail et les obligations de l’employeur. En cas de litige, le Défenseur des droits et les syndicats représentatifs peuvent apporter une aide gratuite.





