Depuis le 1er janvier 2019, la rupture à l’initiative de l’apprenti suit un cadre légal précis fixé par la loi « Avenir professionnel » et le Code du travail. La question d’une lettre de démission sans préavis se pose surtout lorsque le contrat d’apprentissage s’arrête dans les 45 premiers jours de pratique en entreprise, ou lorsque une situation grave justifie un départ plus rapide.
Les données disponibles distinguent cinq repères concrets : l’article L.6222-18 du Code du travail, le seuil des 45 jours en entreprise, la saisine du médiateur, le préavis minimal après médiation et les modes de remise de la lettre. Les sources mobilisées ici incluent le Code du travail numérique, L’Etudiant (10 juillet 2024), FranceApprentissage (15 janvier 2025), Hellowork (12 mars 2025) et Indeed (mise à jour du 12 janvier 2026). Le tableau ci-dessous présente d’abord les principales options utiles pour situer la bonne démarche.
| Situation | Règle principale | Démarche | Délai |
|---|---|---|---|
| 45 premiers jours en entreprise | Rupture libre sans motif particulier | Notification écrite à l’employeur et au CFA | Sans préavis |
| Après 45 jours | Saisine préalable du médiateur obligatoire | Saisine écrite puis lettre de démission | 5 jours puis préavis minimal de 7 jours |
| Obtention du diplôme visé | Procédure spécifique prévue par la loi | Information écrite de l’employeur | 1 mois minimum |
| Accord amiable | Rupture d’un commun accord possible | Document signé par les parties | Date librement convenue |
| Faute grave ou force majeure | Départ immédiat parfois admis selon la situation | Justifier les faits par écrit et conserver les preuves | Variable selon le cas |
🔍 À RETENIR
✅ RUPTURE PAR L’APPRENTI
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Calcul des 45 jours : seuls les jours de pratique en entreprise comptent, pas les périodes au CFA ni les suspensions du contrat pour maladie ou accident du travail -
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Exemple de conversion : à raison de 5 jours en entreprise par semaine, le seuil arrive en 9 semaines ; à 2 jours par semaine, il faut 22,5 semaines -
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Après le seuil : la saisine du médiateur précède la lettre de démission, faute de quoi la procédure reste irrégulière au regard de l’article L.6222-18 -
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Documents de fin : l’employeur remet normalement le certificat de travail, le solde de tout compte, le dernier bulletin de salaire et l’attestation destinée à France Travail
🌐 OUTILS ET RESSOURCES
📘 CODE DU TRAVAIL NUMÉRIQUE
Cette ressource permet de vérifier le texte applicable et d’accéder au modèle de rupture d’un commun accord mis à jour le 06/11/2024
📄 MODÈLES CCI ET FRANCEAPPRENTISSAGE
Ces modèles aident à structurer une saisine du médiateur ou une lettre de démission avec les bonnes références légales et les demandes de documents
🗂️ PREUVES À CONSERVER
Accusé de réception, copie de la lettre, échanges avec l’employeur, saisine du médiateur et récépissé de remise servent à sécuriser les dates et le contenu transmis
⚠️ POINT DE VIGILANCE SUR LE SANS PRÉAVIS
L’expression sans préavis ne vaut réellement, dans la plupart des cas, que pendant les 45 premiers jours de présence pratique en entreprise. Après ce seuil, la procédure légale impose en principe médiateur, délai de 5 jours et préavis minimal, sauf hypothèses particulières comme l’obtention du diplôme, l’accord amiable ou certains manquements graves.
Peut-on démissionner d’un contrat d’apprentissage sans préavis ?
La réponse dépend d’abord du moment où la rupture intervient. Le contrat d’apprentissage peut être rompu sans préavis pendant les 45 premiers jours de pratique en entreprise, conformément à l’article L.6222-18 du Code du travail. Cette période se calcule uniquement sur les jours passés chez l’employeur. Les jours de formation au CFA n’entrent pas dans ce total, pas plus que les périodes de suspension du contrat. Pour aller plus loin, il faut d’abord vérifier le nombre exact de jours réellement effectués en entreprise.
Le cas des 45 premiers jours de présence en entreprise
Durant cette phase, la lettre de démission peut notifier une rupture immédiate, sans motif détaillé, sans indemnité et sans préavis. Les sources pratiques comme Indeed et Lapprenti rappellent que ces 45 jours peuvent être consécutifs ou non. Un rythme de 5 jours par semaine conduit à ce seuil en 9 semaines. À 2 jours par semaine en entreprise, le seuil correspond à 22,5 semaines. Cette méthode de calcul évite de confondre calendrier général de l’alternance et présence réelle chez l’employeur.
Une notification écrite reste pourtant utile, même quand aucun texte n’impose un formalisme lourd pendant cette période. La prudence consiste à dater la lettre, à identifier les parties et à informer aussi le CFA. Cette traçabilité limite les contestations ultérieures sur la date de fin du contrat. Pour aller plus loin, il faut ensuite distinguer les hypothèses où un départ rapide peut encore être discuté après les 45 jours.
Les situations où un départ sans préavis peut être envisagé hors période probatoire
Hors des 45 premiers jours, un départ sans préavis reste exceptionnel. Les sources consultées citent la faute grave de l’employeur, certains cas de force majeure et la rupture liée à l’obtention du diplôme visé, prévue par l’article L.6222-19-1. Les salaires impayés, le harcèlement ou le non-respect des conditions de travail figurent parmi les exemples fréquemment mentionnés. La liquidation judiciaire de l’entreprise ou une impossibilité médicale peuvent aussi modifier le cadre.
Une autre alternative existe, la rupture d’un commun accord. Dans ce cas, les parties fixent ensemble la date de fin et utilisent de préférence le modèle proposé par le Code du travail numérique, mis à jour le 06/11/2024. Cette solution évite parfois la procédure unilatérale et son calendrier. Pour aller plus loin, la rédaction de la lettre doit ensuite suivre une logique très précise selon la situation rencontrée.
Comment rédiger une lettre de démission pour contrat d’apprentissage sans préavis
Une lettre de démission efficace va droit aux faits. Elle précise l’identité de l’apprenti, celle de l’employeur, la date du contrat d’apprentissage et la décision de rupture. Si la rupture intervient dans les 45 premiers jours, la lettre peut mentionner que le départ s’inscrit dans ce cadre légal. Si elle intervient après médiation, la référence à l’article L.6222-18 et à la date de saisine du médiateur sécurise le document. Pour aller plus loin, les mentions indispensables méritent une vérification ligne par ligne.

Les mentions indispensables à inclure dans la lettre
Le document doit contenir une date certaine et des éléments vérifiables. Il ressort des modèles de la CCI, de FranceApprentissage et de L’Etudiant que les mentions suivantes reviennent de façon constante : identité complète, adresse, intitulé de la formation, date de début du contrat, volonté claire de rompre, date envisagée de fin et demande de remise des documents de fin. Ces documents incluent le certificat de travail, le solde de tout compte et l’attestation destinée à France Travail.
Quand la procédure passe par le médiateur, la lettre peut aussi rappeler la date de son intervention et le respect du délai de 5 jours, puis du préavis minimal de 7 jours calendaires. Cette précision aide à démontrer que la chronologie légale a été respectée. Pour aller plus loin, certaines formulations posent problème et gagnent à être écartées.
Formulations à éviter dans votre lettre de démission
Une lettre de rupture n’a pas intérêt à accumuler des reproches vagues ou des formulations ambiguës. Les expressions comme « je pars dès aujourd’hui sans formalité » ou « le contrat est rompu immédiatement » peuvent contredire le droit applicable après les 45 jours. Il vaut mieux écrire une phrase simple qui annonce la décision, rappelle la base légale et fixe une date cohérente avec le préavis ou l’absence de préavis. Un ton factuel réduit aussi le risque de débat ultérieur sur les motifs ou l’intention réelle.
Il reste aussi prudent d’éviter les accusations non étayées. Si des faits graves existent, la lettre peut les mentionner brièvement et renvoyer à des pièces jointes ou à une saisine parallèle adaptée. Les éléments concrets pèsent davantage qu’une formulation générale. Pour aller plus loin, un modèle adapté aux 45 premiers jours permet de visualiser la structure attendue.
Modèle de lettre pour rompre pendant les 45 premiers jours
Quand la rupture intervient dans les 45 premiers jours de présence pratique, la lettre peut rester concise. Le point central consiste à identifier sans ambiguïté le contrat d’apprentissage concerné et à notifier la rupture à date immédiate ou à une date proche. Un modèle sobre contient généralement l’objet, les coordonnées des parties, la date de début du contrat et une phrase indiquant que la rupture intervient dans le cadre des 45 premiers jours de pratique en entreprise, conformément à l’article L.6222-18. Pour aller plus loin, un exemple de formulation peut servir de base de travail.
Une formulation possible est la suivante : « Par la présente, je vous informe de ma décision de mettre fin à mon contrat d’apprentissage conclu le [date], dans le cadre des 45 premiers jours de pratique en entreprise prévus par l’article L.6222-18 du Code du travail. La rupture prendra effet à la date de réception de ce courrier. » La lettre peut ensuite demander la remise du dernier bulletin de salaire, du certificat de travail, du reçu pour solde de tout compte et de l’attestation France Travail.
La date du courrier et la preuve de sa réception restent essentielles, même dans ce cas simple. Une copie doit aussi partir au CFA afin d’aligner les informations administratives. Pour aller plus loin, la question du médiateur devient centrale dès que la rupture intervient après ce premier seuil.
Faut-il saisir le médiateur de l’apprentissage avant d’envoyer la lettre ?
Après les 45 jours de pratique en entreprise, la saisine du médiateur constitue en principe une étape obligatoire avant toute démission unilatérale de l’apprenti. Cette règle ressort de l’article L.6222-18 et des guides publiés par L’Etudiant, FranceApprentissage ou Alsace Eurométropole. Le médiateur dispose ensuite de 15 jours pour organiser une médiation et tenter une solution. Si aucun accord n’aboutit, l’apprenti conserve la possibilité de notifier sa démission dans le respect des délais légaux. Pour aller plus loin, la saisine doit contenir des éléments suffisamment précis pour être utile.
Quels éléments indiquer dans la saisine du médiateur
La saisine écrite gagne à rester structurée et factuelle. Les modèles diffusés par L’Etudiant et FranceApprentissage mentionnent plusieurs blocs utiles : nom de l’entreprise, adresse, date de début du contrat, formation suivie, organisme de formation et description claire des difficultés rencontrées. Les démarches déjà tentées en interne, comme un échange avec le tuteur ou les ressources humaines, méritent aussi d’être datées. Cette précision aide le médiateur à comprendre rapidement le contexte.
Les faits doivent rester concrets. Des dates, des missions confiées, des horaires, des échanges écrits ou des incidents identifiés facilitent le traitement du dossier. Pour un apprenti mineur, certaines sources précisent que le médiateur doit aussi obtenir l’accord des représentants légaux dans un délai de 15 jours. Pour aller plus loin, les délais exacts après la saisine conditionnent ensuite la date possible d’envoi de la lettre de démission.
Quels délais s’appliquent après la saisine du médiateur ?
Le calendrier légal comporte plusieurs étapes successives. Le médiateur dispose d’abord de 15 jours pour organiser la médiation. Après son intervention, l’apprenti ne peut pas notifier immédiatement sa démission. Les sources concordent sur un délai d’attente minimal de 5 jours calendaires avant l’envoi ou la remise de la lettre à l’employeur. Ce n’est qu’ensuite qu’un préavis minimal commence à courir à compter de la réception effective du courrier. Pour aller plus loin, chaque segment du délai doit être distingué pour éviter une erreur de date.
Le délai de 5 jours avant notification à l’employeur
Ce délai de 5 jours s’applique après l’intervention du médiateur. Il ne correspond pas au préavis lui-même. Il s’agit d’une période minimale avant laquelle la notification de la démission ne peut pas partir. Plusieurs guides pratiques, dont Indeed et Ouest-France, reprennent cette chronologie. Une lettre envoyée trop tôt peut fragiliser la régularité de la rupture. La prudence consiste donc à dater précisément la saisine, la réponse ou l’intervention du médiateur, puis la notification à l’employeur.
Quand la médiation débouche sur un accord écrit, la rupture peut aussi prendre une autre forme, celle du commun accord. Cette issue évite parfois le calcul du préavis unilatéral. Pour aller plus loin, il faut ensuite examiner le second délai, celui qui court après réception de la lettre.
Le préavis minimal de 7 jours après réception de la lettre
Après notification, un préavis minimal d’au moins 7 jours calendaires s’applique généralement à compter de la réception du courrier par l’employeur. FranceApprentissage, la CCI et L’Etudiant retiennent ce minimum. Certaines sources signalent toutefois des variations possibles selon la convention collective, avec des durées parfois présentées entre 7 et 15 jours. Une vérification complémentaire du texte conventionnel reste donc utile.
Ouest-France indique par ailleurs que la date prise en compte peut être celle d’ouverture de la lettre par l’employeur. Cette précision peut décaler la date exacte de fin du contrat de quelques jours. Pour aller plus loin, le mode de remise de la lettre devient donc décisif pour prouver la bonne réception.
Comment remettre la lettre et obtenir une preuve de réception
La lettre de démission doit être remise par un mode qui laisse une trace datée. Les sources pratiques citent principalement la LRAR, la remise en main propre contre décharge et, dans certains cas, un imprimé de constatation de rupture signé. Ce formalisme sert moins à « faire officiel » qu’à fixer la date de réception qui déclenche éventuellement le préavis. Une copie adressée au CFA complète utilement la démarche. Pour aller plus loin, chaque mode de remise présente des avantages et des limites concrètes.

LRAR, remise en main propre contre décharge ou autre mode valable
La lettre recommandée avec accusé de réception reste la solution la plus citée par la CCI, Indeed et Lapprenti. Elle fournit une preuve d’envoi et de distribution. La remise en main propre contre décharge permet aussi une preuve solide, à condition de faire signer un récépissé daté. L’imprimé de constatation de rupture signé par les parties peut convenir dans une logique amiable. Le choix dépend souvent du climat relationnel et de l’urgence pratique.
Un courrier simple ou un message oral offrent une sécurité bien plus faible. En cas de litige sur la date, ces supports créent souvent des incertitudes. Pour aller plus loin, la conservation des justificatifs mérite une organisation rigoureuse jusqu’à la clôture administrative complète du contrat.
Quelles preuves conserver lors de l’envoi de la lettre de démission ?
Le dossier à conserver doit réunir la copie signée de la lettre, l’accusé de réception ou le récépissé de remise, la preuve de saisine du médiateur si elle était requise, ainsi que les échanges utiles avec l’employeur ou le CFA. Ces pièces servent à établir la chronologie exacte. Elles peuvent aussi être utiles si la remise des documents de fin de contrat tarde ou si la date de rupture fait débat.
À la fin du contrat, l’employeur doit remettre le dernier bulletin de salaire, le certificat de travail, le reçu pour solde de tout compte et l’attestation destinée à France Travail. Il reste donc utile de conserver aussi ces documents dans le même dossier. Pour aller plus loin, la situation particulière de l’apprenti mineur appelle une vérification distincte.
Un apprenti mineur peut-il rompre son contrat sans l’accord des représentants légaux ?
La situation du mineur reste plus encadrée que celle d’un majeur. Les sources FranceApprentissage et Alsace Eurométropole indiquent que, lors de la procédure après les 45 jours, le médiateur doit obtenir l’accord des représentants légaux dans un délai de 15 jours. Cette exigence signifie qu’une rupture unilatérale régulière ne repose pas uniquement sur la volonté de l’apprenti quand celui-ci est mineur. La vérification de cette étape évite une procédure incomplète.
Dans les 45 premiers jours de pratique en entreprise, les textes et modèles pratiques mettent surtout l’accent sur la possibilité de rupture libre. En pratique, l’intervention des représentants légaux reste néanmoins fortement conseillée pour sécuriser la notification, la relation avec le CFA et la suite du parcours de formation. Pour aller plus loin, un modèle de lettre après médiation permet de formaliser correctement la dernière étape.
Modèle de lettre après saisine du médiateur et respect des délais légaux
Après saisine du médiateur, la lettre doit rappeler la chronologie légale. Un modèle fiable mentionne le contrat d’apprentissage, la date de saisine, la date d’intervention du médiateur et la volonté de rompre sur le fondement de l’article L.6222-18. Le texte peut aussi préciser que la notification intervient au moins 5 jours calendaires après l’intervention du médiateur et que le préavis minimal court à compter de la réception du courrier. Pour aller plus loin, la formulation doit rester simple et datée avec précision.
Une base de rédaction peut prendre cette forme : « Par la présente, je vous notifie ma décision de mettre fin à mon contrat d’apprentissage conclu le [date], conformément à l’article L.6222-18 du Code du travail. Le médiateur de l’apprentissage a été saisi le [date] et est intervenu le [date]. La présente notification intervient après le délai légal de 5 jours. La rupture prendra effet à l’issue d’un préavis minimal de 7 jours calendaires à compter de la réception de ce courrier. » La demande de remise des documents de fin de contrat complète utilement la lettre.
Quand l’obtention du diplôme justifie la rupture, ce modèle ne s’applique pas tel quel. Le régime spécifique prévoit une information écrite avec un délai d’un mois minimum avant la fin effective du contrat, sans saisine préalable du médiateur selon les sources citées. Pour aller plus loin, la bonne méthode consiste donc toujours à choisir le modèle en fonction du motif précis de rupture.
Le point décisif reste l’identification de la bonne procédure selon trois critères, le nombre de jours réellement passés en entreprise, l’existence ou non d’une médiation, et le motif exact de la rupture. Une lettre courte peut suffire, mais sa valeur dépend surtout de la chronologie légale et de la preuve de réception. Les modèles servent donc surtout à sécuriser les dates, les références légales et la remise des documents de fin de contrat.




